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JACKY MICAELLI |Amor'esca

De L'album à la scène


Cliquer sur le photo pour visionner le "Concert Amor'esca" à Avignon, Le Thor 2001

Film et montage vidéo réalisé par sa fille, Sylvia Micaelli


… nous franchirons tant de mers

Pour trouver les terres promises

Ces îles bénies

Lieux sacrés et enchantés

Désigné par les cieux…


… Varcaremu tanti mari

A truvà terre addilette

Quell’isule benedette

Sacri lochi incantati

Da u celu assignalati…


"A Marc Marie Graziani, mon père ! Cet homme qui écoutait mon chant, les mains croisées, sans mot, sans bruit. Ses yeux bleus me disaient alors «Chante », chante encore … »".

Jacky MICAELLI


Jacky Micaelli a dédié son album "AMOR'ESCA" a son père décédé l'année précédant sa sortie et pour lequel il avait suivi, avec une grande attention et beaucoup d'intérêt, les étapes de sa construction.




Fuir l’immobile


Femme antique, Jacky Micaelli, rythme les émotions d’aujourd’hui.

Les sonorités de sa voix, sont des piliers d’un Temple, où le besoin de Dieu s’absente.

Le timbre de sa voix fait vibrer toutes les autres fibres de la vie

Sa voix fait bouger la peau

Improvisation de l’air, elle voyage dans l’espace méditerranéen pour rejoindre le blues, la saudade, et chante l’aube recommencée en imprimant son âme : la Corse.

Elle chante dans une langue contrainte de se retirer dans le secret du granit,

Sa voix n’est pas définitive.

Elle ouvre le sillon tracé par les vibrations bariolées où se mêlent l’écho de la respiration de mélopées complices.

Les chants de Jacky Micaelli, où soleil et lune, pleurent et rient ensemble, se désaltèrent à la même source : celle de la naissance de la lumière.

Danièle MAOUDJ Bastia le 28.04.2001




AMOR’ESCA


« Amor ‘esca », album au carrefour de l’amour et de la fête que symbolise la moresca, danse corse héritée du visiteur arabe. Entendre, chez Jacky : passion, partage, identité métisse. Avec, en filigrane, de la part de celle qui imposa sa voix dans un chant corse hier très masculin, une manière de défi joyeux tant l’esca désignait un champignon séché servant à allumer le feu aux amours ? Faire un feu de joie des idées mortifères ? Se chauffer à la mémoire ? Elle assume les métaphores.


Et, il est vrai qu’il regorge de souvenirs cet album, chaque chanson tisonnant sont lot d’émotions intimes, « Navicella » (le petit bateau) est née de l’instigation de Jaque Higelin pour un spectacle sur Christophe Colomb. Elle en a revu la facture, l’a conçue moins lyrique, plus ramassée. « Ghjalinella » (histoire d’une poule), tout comme « Lisa bedda », chant de la région de Zicavo qui l’a séduite par son côté oriental, lui furent suggées par son amie et confidente, la regrettée Agata Lucciani, à laquelle est dédiée, comme un lamentu, la chanson-confidence, « L’Amica ».

« Algeria » est née sous les cordes de sa ceatera, il y a 4 ans, « Un chant d’alerte » pour évoquer le destin d’un pays terriblement meurtri à quelques encablures de bateau.

Complicité toujours, « U viaghju » fut composé par l’actrice et chanteuse Marie-Ange Geronimi avec laquelle elle passa des moments magiques dans ces hauteurs de l’île qui ont inspiré « A tundera », évocation poétique au moment de la tonte des brebis, « Sotta a lu ponte », chanson habitée par la présence d’un père disparu : une berceuse qu’il lui réclamait avec laquelle elle gagna ce concours de Radio-France qui lui valut le droit d’enregistrer son premiers 45 tours.


Depuis longtemps Jacky Micaelli affirmait son propos. On l’avait vu pratiquer l’échange avec Jacques Higelin, Iannis Xenakis, Kazumi Watanabé, Denez Prigent, Equidad Barès, Andy Amier, Khaled et, bien sûr, Mighelu Raffaelli, Jean-Paul Poletti, Jean-Pierre Lanfranchi. On la tenait pour la plus belle voix féminine de l’île, qui irradiait de sa présence le travail des groupes « A Cumpagnia », « Organum », « Tavagna » et bien sûr la phalange féminine de « Donnisulana ».


Une mezzo-soprano aussi à l’aise sur le registre d’une paghjella que d’un Miserere, à la Scala de Milan que dans une cathédrale. En 1998, son premier disque sous le nom de « Corsica Sacra » fait mouche (Grand prix de l’Académie Charles Cros, Choc du Monde de la Musique, Diapason d’or). Le souffle de son inspiration interprétative, la naturalité de son chant séduisent bien au-delà d’un public averti. Il lui faut dès lors, passant outre sa timidité, s’affirmer sur un registre plus personnel. Avec « AMOR’ESCA, entre composition et adaptations de monodies insulaires, elle affirme à présent son blues. Un projet pour lequel elle s’est entourée d’alliés subtanciels, Silvio Soave (réalisateur et accoucheur de ce projet) n’est pas seulement un des plus sensibles preneurs de son sur le registre des musiques du monde, il a aussi à son actif une fidélité puisqu’il accompagne la chanteuse depuis 1991 et quatre enregistrements. Patrick Vaillant (directeur artistique, arrangeur), un des meilleurs mandolinistes européens, est aussi de longue date un de ces acteurs précieux qui ont su contemporanéiser les musiques traditionnelles, démarche qui s’est exprimé avec brio du traditionnel à l’improvisation et de l’opéra au ballet. Ce dernier faisant appel à des complices atypiques et élégants : Denis Fournier et ses peaux, Serge Pesce et sa guitare « accommodée », Bernard Santacruz et sa contrebasse ? Un bel équipage de « coloristes » qui a su éviter la paraphrase et jouer les sols y sombras d’un répertoire initiatique et d’une voix grand sudiste. La démarche instinctive de Jacky Micaelli les aidant à trouver le « sentiment » propre à chaque composition. Pour preuve la version de « L’Alcudina », nom de la montagne de la région du Cuscione et chant traditionnel souvent interprété avec emphase quand elle a opté pour une approche dépouillée et contondante, se souvenant de la version d’un jeune berger de 14 ans enregistré par l’ethnomusicologue Felix Quilici, version qui, par-delà le timbre juvénile, disait la dureté de la vie là-haut.


Cet album de la maturité, Jacky Micaelli l’a voulu aussi ouvert, tournant le dos aux poncifs : dont on affuble le chant insulaire. Et d’avouer : « Avec ce disque, tu ne sais pas si tu es à Bethléem ou en Balagne, au Liban ou au Quebec. Pour moi, la Corse, c’est le brouillon du Monde. Chaque fois que je pars quelque part, je me reconnais chez moi ». Une façon de dire peut-être aussi, qu’on l’avait trop assimilée à la polyphonie profane et au chant sacré. Quand « Amor’esca » entre gravité et espièglerie (Cf. la chanson « Mama si »), recueillement et festif, est une carte d’identité musicale plus fidèle à sa réalité de femme méditerranéenne.


Frank TENAILLE



« Je remercie la vie pour les rencontres, les échanges, les partages, les forces qu’elle me procure par l’immense plaisir de l’amour et de l’amitié ! Merci à mon époux Gilbert, mes enfants Sylvia et Pascal, ma douce maman, à tous les miens et à ceux qui m’ont soutenu pour que le voyage d’AMOR’ESCA puisse enfin se réaliser et goûter à l’infini la beauté de l’amour (…) Que les vents du sud soufflent sur AMOR’ESCA, on embarque !

Jacky MICAELLI


VIDEO DU CONCERT AMOR'ESCA A AVIGNON Le Thor 2001 : Cliquer ici.

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